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La sexualité, une valeur d'engagement

À peine entrée dans l’univers trouble de l’adolescence, Katia s’est laissée entrainer, plus ou moins consentante, dans des relations sexuelles avec son petit ami de l’époque plus âgé et expérimenté qu’elle. Dès lors, par simple bravade ou réelle peur de ne pas plaire aux garçons, elle payait de son corps le jeu de la séduction afin d’avoir l’amour et l’attention qu’elle recherchait. Maintenant dans la trentaine, s’interrogeant sur ses amours sans lendemain, elle se rappellera amèrement le vide affectif qui était le sien à ce moment si crucial de son développement.


Aux dires des filles, Tom était le plus beau et le plus séduisant des garçons. Elles n’avaient d’yeux que pour lui. Il le savait et en profitait. Très vite, l’art de séduire n’avait plus de secret pour lui. D’une déception amoureuse à une autre, «Don Juan» finissait toujours par renaître de ses cendres. Il le dira lui-même dans un sursaut de conscience : «À l’égard du sexe, ma seule obsession était de me satisfaire et quant à l’amour je n’en avais que pour moi-même».


Katia et Tom, bien que désabusés du maquillage et des artifices de la séduction, ont été attirés très vite l’un vers l’autre. La passion amoureuse et l’engouement sexuel les ont entraînés progressivement et presque malgré eux vers le désir de s’engager dans une vie de couple plus stable. Pourquoi pas? Les deux avaient mûri et développé une plus grande capacité de tisser des liens affectifs féconds et durables. Ils étaient prêts à s’investir dans ce sens et à y mettre tous les efforts; disposés également à fonder une famille.


Faire l’amour et avoir des rapports sexuels : deux univers bien différents.

Curieusement, l’obstacle le plus difficile pour eux aura été de vivre sainement leur sexualité. Non plus comme des adolescents attardés et enfermés dans leurs illusions narcissiques et leurs stéréotypes, mais comme deux partenaires réellement conscients de leurs besoins de reconnaissance et d’appartenance, ouverts à la rencontre de l’autre et à l’échange amoureux.


Ils auront dû apprendre à ne pas réduire leurs rapports sexuels à un exutoire de leurs pulsions sexuelles, mais à en faire un lieu privilégié pour cultiver l’attrait et la désirabilité comme dimensions essentielles à leur amour. Ainsi, «réunir deux êtres est beaucoup plus que de réunir deux corps». C’est ici que pour eux les enjeux relationnels de leur intimité sexuelle se sont précisés.


Un parcours conscient et des choix délibérés.

Sur la base du respect, de la confiance, de l’appréciation mutuelle et de la valorisation, Katia et Tom ont appris à faire les choix nécessaires pour mieux intégrer la dimension sexuelle de leur relation de couple.


Avant tout, aucun tabou… Ils ont osé parler de leurs insatisfactions et de leurs vrais besoins. Il est faux de croire que la sexualité dans le couple est une habitude qui va de soi tant que le plaisir sexuel atteint les sommets désirés. On ne peut rien réduire au fait d’être ou non de bons amants. Pour en faire un lieu de rencontre riche et épanouissant, ils ont appris à exprimer ce qu’ils ressentent l’un pour l’autre et à s’apprivoiser au fur et à mesure dans leur sensibilité, leurs différences, leurs préférences, la fréquence de leurs rapports, à ce qu’ils aiment ou ce qu’ils n’aiment pas. C’est l’enjeu le plus difficile à surmonter surtout quand le dialogue est déjà limité dans les autres domaines de la vie conjugale, pire encore s’ils vivent des conflits importants qui perdurent.


La sphère sexuelle évolue au cours des années; tout comme le désir sexuel varie d’intensité selon les circonstances. Pour Katia et Tom, un deuxième enjeu sera de ne jamais rien prendre pour acquis et de vivre leur sexualité au quotidien de façon inventive. L’entraînement demande à être constant même si l’envie est parfois moins intense. Mieux vaut moins souvent que pas du tout. Le sexe, c’est comme la pensée, ça se cultive. L’hygiène sexuelle suppose un juste équilibre entre les bonnes habitudes et le changement qui procure de nouvelles sensations.


Pour Katia et Tom, leur engagement mutuel s’est consolidé et ils ont fait explicitement le choix d’être fidèle l’un à l’autre sans compromis. La fidélité est non seulement un enjeu de premier plan pour la pérennité de leur couple, mais une condition essentielle à leur épanouissement. La règle est claire et non négociable. Ce rapport d’exclusivité démontre que la sexualité est une valeur fondamentale, qu’elle n’a rien de banale, qu’elle ne peut et ne doit ni être trafiquée, ni être travestie à un simple commerce.


Enfin, un dernier enjeu pour Katia et Tom. Ils auront reconnu et accepté leur propre fragilité affective au-delà de toute prétention d’être sûr d’eux-mêmes en amour. Les peurs refont sans cesse surface. Alors, comment éviter la morsure de la jalousie qui irrigue son venin dans les zones les plus vulnérables de l’être, s’installe à demeure et empoisonne l’existence? Combien de couples sont confrontés à cette réalité et se meurtrissent dans le soupçon? Un passage obligé : celui d’accepter les zones grises et simplement croire que la confiance se donne plus qu’elle se mérite.



«À quoi sert la vibration du corps et du sexe, si elle ne s’accompagne d’une

vibration du cœur et de l’esprit?»

(Yvon Dallaire, 2007)



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