Rechercher

Amour, toujours.

Capsule # 1


Quelle femme ne rêve pas de rencontrer l’homme de sa vie? Quel homme ne désire pas secrètement trouver son âme sœur? «Toi et moi pour toujours; quand on s’aime, on peut surmonter toutes les épreuves».

Elle avait 17 ans, lui 21 ans. Ils sont tombés follement amoureux l’un de l’autre. La passion était dévorante. Ainsi lui  disait-elle d’un seul souffle : «Je ne pourrai jamais aimer un autre homme que toi». Et lui en retour la voix émue : «Aucune femme ne pourra me combler autant que toi tu le fais». Elle disait à qui voulait l’entendre : «Je l’ai vraiment dans la peau, il est tout pour moi». En écho, il ajoutait : «Elle est tout pour moi, jamais je ne pourrai m’en passer». Ils affirmaient tous les deux : «Nous sommes faits l’un pour l’autre, nous ne faisons plus qu’un». Ils souffraient de la moindre absence de l’un ou de l’autre. Ils ne désiraient qu’être ensemble et tout partager. Leurs étreintes les amenaient au septième ciel. Un vrai roman d’amour. Roméo et Juliette pouvaient aller se rhabiller.

Deux ans ont passé à se chérir tendrement. Mais lentement le venin de la jalousie à commencer à faire son œuvre et à les déstabiliser. «Tu ne m’aimes plus déjà autant qu’avant», se plaignait-elle. «Mais non chérie, tu sais bien que je n’aime que toi», afin de la rassurer. Insidieusement, la peur d’être trompée est devenue familière pour elle; et pour lui, la peur d’étouffer et de devoir se justifier a commencé à l’envahir. Une première séparation douloureuse pour réfléchir, puis on reprend toujours aussi amoureusement… Éternelles récriminations, on se sépare à nouveau. Ce ne sera jamais plus comme avant, désillusionnés de leur amour pourtant si romantique.


Du désenchantement à l’engagement : un passage obligé

Toute aussi enivrante qu’elle soit, la passion amoureuse ne dure pas. Les romans d’amour finissent là où commence la vraie vie. C’est une illusion de penser que la lune de miel sera éternelle. Si un grand amour est possible, il n’est jamais une passion fusionnelle mais l’acceptation réciproque de l’un comme de l’autre, à la fois différent, imparfait et vulnérable.

  • «Avant, nous sommes tombés en amour et ce fut enivrant… Maintenant, il devient nécessaire de s’élever en amour et ce sera un vrai défi». 

  • «Avant, nous étions en couple et nous étions comblés… Maintenant, nous aurons à former un couple et cela supposera des choix délibérés et conscients, peut-être douloureux dans les renoncements».

  • «Avant, nous étions un, indifférenciés… Maintenant, nous serons trois : toi, moi et nous deux».

  • «Avant, nous avions sensiblement les mêmes besoins en même temps… Maintenant, il y aura tes besoins et les miens différents au même moment; nous aurons à négocier».

  • «Avant, on s’idéalisait, ainsi que notre relation de couple… Maintenant, nous sommes plus réalistes. Nous apprendrons à nous aimer dans nos limites comme dans nos forces».

  • «Avant, il n’y avait que toi et moi, voguant à l’unisson… Maintenant, nous aurons à établir des priorités en composant avec bien du monde et une foule de préoccupations».

  • «Avant, on rêvait des beaux enfants que nous ferions ensemble et on s’en réjouissait… Maintenant, on réalise que nos enfants à naître ne vivront pas seulement d’amour et d’eau fraîche et que cela demandera de planifier au fur et à mesure».

  • «Avant, on croyait que tout est possible pour deux cœurs qui s’aiment… Maintenant, on réalise que l’amour demeurera possible pour deux partenaires prêts à s’engager sur des bases solides».

  • «Avant, on aimait se tenir par la main et se regarder dans les yeux tendrement… Maintenant, nous réapprendrons sans cesse à nous tenir à la bonne distance l’un de l’autre, ni trop loin, ni trop près».

  • «Avant, il était plus aisé d’avoir de bons rapports sexuels et d’être satisfaits… Maintenant, nous apprendrons plus que jamais à nous désirer avec nos corps qui se transforment au fil du temps».

  • «Avant, parce qu’on s’aimait tout court (allusion à la chanson de Nicola Ciccone : je t’aime tout court), on se comprenait sans se parler, on se devinait sans dire un mot… Maintenant, tout en constatant que les paroles, si nécessaires pour se comprendre, sont souvent piégées et à double sens, il nous faudra quand même arriver à se dire les choses, en mots ou autrement, avec le plus de justesse possible».


Tant que les couples n’arrivent pas à faire ce passage douloureux entre l’idéalisation de la passion et la désillusion qui conduit soit à l’engagement ou la séparation, l’amour si ardent du début s’étiole et meurt, et on recommence dans une autre relation en se disant : «Cette fois-ci sera la bonne… »


 «Le temps est à l’amour ce que le vent est au feu. Il éteint les petits et il enflamme les grands»

(adage populaire)


CDPEC

33 vues